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Motion droits différenciés

26/05/2026

Le conseil d’UFR de la Faculté des Sciences d’AMU, réuni le vendredi 22 mai 2026, a pris position contre les droits différenciés demandés aux étudiants extracommunautaires et a approuvé à l’unanimité le texte rédigé par la CDUS*.

Inquiétude et désapprobation de la CDUS face au projet de décret sur les droits différenciés pour les étudiants extracommunautaires

La CDUS souhaite alerter sur les conséquences du projet de décret relatif aux droits différenciés pour les étudiants étrangers extracommunautaires. Bien que le projet ait évolué - avec un plafonnement à 20 % (hors étudiants boursiers ou accueillis dans le cadre d’accords de coopération réciproques) à l’horizon 2028, contre 10 % initialement prévus dès la rentrée 2026, et deux paliers intermédiaires (30 % en 2026, 25 % en 2027) - nos inquiétudes persistent.

Tout d’abord, il est important de mentionner que les étudiants extracommunautaires ont déposé leurs dossiers de candidature sur la plateforme « Études en France » pour la rentrée 2026 sans connaître les nouvelles modalités d’inscription. Les réponses des équipes pédagogiques leur ont été transmises dans ces mêmes conditions. A ce jour, l’absence de décret maintient une forte incertitude auprès des étudiants et des équipes pédagogiques quant à la gestion des inscriptions de la rentrée universitaire. Dès lors, une rupture de confiance avec les étudiants ayant candidaté sur la base de conditions susceptibles d’être modifiées est déjà à l’œuvre.

Les étudiants internationaux constituent une richesse pour les universités et le développement socio-économique des territoires. Avec une limitation à 20 % des exonérations possibles d’ici 2028, de nombreux étudiants extracommunautaires pourraient se tourner vers d’autres pays ou sombrer dans une précarité accrue, notamment ceux issus des pays les plus défavorisés.

Or, dans un contexte de réindustrialisation et de développement du numérique, la France manque cruellement de scientifiques, que ce soit à Bac+3 ou à Bac+5. La baisse attendue du nombre d’étudiants nationaux dans les 15 prochaines années suite à la baisse démographique risque d’aggraver cette pénurie. Parmi les solutions pour y remédier, l’accueil d’étudiants étrangers reste un des leviers puisque ceux-ci peuvent représenter actuellement jusqu’à 50 % des effectifs dans certaines formations. Ces étudiants s’inscrivent aussi dans les « Graduate Programs » renforçant l’internationalisation de nos formations. 

 Traditionnellement, les étudiants extracommunautaires s’orientent plus particulièrement vers des disciplines comme les sciences pour l’ingénieur (génie civil, électronique, robotique, automatisme, énergie électrique…), l’informatique et les mathématiques. Ces filières, où les besoins industriels sont particulièrement prégnants, affichent d’ailleurs un taux d’insertion professionnelle très élevé pour nos diplômés de Master. De plus, dans ces mêmes disciplines, plusieurs équipes de recherche lauréates de projets ANR ou d’autres appels à projets, se tournent vers les étudiants extracommunautaires pour recruter des doctorants. Les former préalablement dans nos masters constitue donc un avantage majeur.

La CDUS réaffirme son attachement à une université ouverte, inclusive et fondée sur la circulation internationale des savoirs et des talents. Les étudiants internationaux constituent un levier essentiel de coopération scientifique, de rayonnement académique et de développement des partenariats internationaux.

La CDUS demande que l’accueil des étudiants extracommunautaires se poursuive dans les conditions actuelles, c’est-à-dire en laissant aux établissements une autonomie dans leur décision. Ceci permettra de renforcer leur attractivité internationale, de mettre en place le terreau des coopérations scientifiques de demain, de développer leur capacité à attirer les talents du monde entier mais aussi permettre, en fonction des territoires, de combler les pénuries de compétences dans les secteurs industriels en tension.

 

*Conférences des Doyens et Directeurs des UFR Scientifiques